
Le CESER vient d’adopter suite à une saisine de François Bonneau un rapport stratégique pour « embarquer » les entreprises dans la protection du vivant. Exit la vision punitive : l’écologie devient un outil de performance économique, d’innovation et de résilience territoriale.
L’urgence est documentée : chaque jour, l’équivalent de 5,7 terrains de football est artificialisé dans notre région. Pour le CESER, il est temps de transformer cette crise en levier stratégique, car la biodiversité n’est pas une contrainte mais une « chance pour l’économie régionale ». Le rapport trace six grands chantiers pour réconcilier nature et business : de la conception des projets à l’innovation biomimétique, en passant par la lutte contre la déprise agricole.
Vers une alliance entre nature et profit
Le CESER souligne que la biodiversité rend des services écosystémiques inestimables. Par exemple, les zones humides permettent d’économiser environ 2000 euros par hectare en traitement de l’eau potable. De plus, 30 à 40 % des molécules médicamenteuses sont issues du vivant. Face à une consommation de ressources dépassant les capacités de la planète (1,8 Terre consommée en 2025), le rapport prône l’économie circulaire et le biomimétisme pour réduire la vulnérabilité des entreprises.
L’institution avance 40 propositions concrètes, dont six priorités essentielles pour la future Stratégie Régionale de Biodiversité (SRB) :
- Urbanisme : Favoriser systématiquement les projets qui améliorent la biodiversité dans les schémas d’aménagement et d’urbanisme.
- Expérimentation : Accompagner et valoriser les projets-pilotes exemplaires pour inciter au changement d’échelle.
- Alimentation : Développer les Plans alimentaires locaux (PAT) pour soutenir les circuits courts et sensibiliser les consommateurs.
- Territoire : Encourager activement l’émergence d’un quatrième Parc Naturel Régional (PNR) en Sud Berry.
- Agriculture : Financer le maintien durable des prairies permanentes, véritables réservoirs de biodiversité.
- Recherche : Investir dans l’avenir en finançant des recherches-actions et des thèses de doctorat dédiées.
Le CESER appelle également à renforcer la formation : le manque d’écologues en région est un frein majeur. En s’appuyant sur l’Agence Régionale de Biodiversité (ARB) pour former les cadres et dirigeants, la région ambitionne de devenir la première à « biodiversité positive ».