Le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) de La Réunion tire la sonnette d’alarme. Face à une baisse drastique des financements de l’État pour 2026, l’assemblée consultative a produit une « note d’urgence » pour sauver les dispositifs d’insertion et de formation, piliers de l’égalité réelle sur l’île.

Le couperet de la loi de finances pour 2026 est tombé, et il est sévère. Les crédits nationaux alloués aux Pactes régionaux d’investissement dans les compétences (PRIC) subissent une baisse de l’ordre de 56 %. Pour La Réunion, cela se traduit par une perte sèche estimée à 10 millions d’euros de la participation de l’État pour l’exercice en cours.
Un « effet domino » redouté
Cette réduction budgétaire ne survient pas de manière isolée. Elle s’ajoute à la diminution brutale des Parcours Emploi Compétences (PEC), qui passeraient de 12 000 contrats en 2024 à seulement 4 000 en 2026. Le CESER redoute un « effet domino » catastrophique : moins d’activité immédiate, moins de formation qualifiante, et in fine, une explosion des ruptures de parcours et des tensions sociales.
La situation est d’autant plus critique que les besoins du territoire restent massifs : 17 % de la population est en situation d’illettrisme et un quart des 15-29 ans ne sont ni en emploi, ni en formation.
Les 5 propositions chocs du CESER
Pour éviter une dégradation sociale majeure, le CESER avance des solutions concrètes pour maintenir l’ambition du « plein emploi » :
- Sécuriser le financement par la pluriannualité : le CESER préconise la signature immédiate d’une convention financière pour 2026-2027 afin de donner de la visibilité aux politiques régionales.
- Activer la « clause de revoyure » : cette disposition, prévue dans le protocole PRIC 2024-2027, doit être mobilisée pour corriger l’arbitrage national uniforme en tenant compte des spécificités réunionnaises (chômage de masse, insularité).
- Sanctuariser la chaîne de l’insertion : le PRIC et les PEC doivent être pensés comme un ensemble cohérent. Fragiliser l’un, c’est condamner l’autre.
- Renforcer la gouvernance territoriale : le CESER appelle à la mobilisation de la Conférence territoriale de l’action publique (CTAP) et à la création d’une « conférence des financeurs » pour rendre les engagements de chacun lisibles et transparents.
- Signer le plan régional de formation (CPRDFOP) : initialement prévue en avril 2026, la signature de ce plan stratégique 2025-2030 a été reportée, plongeant les acteurs dans l’incertitude. Le CESER exige sa validation rapide pour lever les freins à l’embauche.
En conclusion, pour Dominique Vienne et les membres du CESER, investir dans les compétences à La Réunion n’est pas une variable d’ajustement budgétaire, mais un impératif républicain pour transformer le « pacte des droits » en un véritable « pacte des capacités »