Saint-Barthélemy : Une stratégie culturelle pour ancrer l’identité insulaire
EFace aux mutations démographiques et à la pression touristique croissante, le Conseil Économique, Social, Culturel et Environnemental (CESCE) de Saint-Barthélemy a dévoilé un rapport stratégique ambitieux. L’objectif est de faire de la culture un levier central de cohésion sociale et de développement durable d’ici 2030.
L’île de Saint-Barthélemy traverse une période de transition délicate. Entre une visibilité internationale forte et une transformation rapide de sa population, l’identité locale, bien que réelle, est jugée insuffisamment ancrée pour être transmise sereinement. Pour y remédier, le CESCE propose sept mesures phares destinées à protéger le patrimoine immatériel et matériel tout en régulant l’offre culturelle.
Un récit commun et une intégration partagée
Le cœur de cette stratégie repose sur la formalisation du « Récit de Saint-Barthélemy ». Ce texte de référence, élaboré via une consultation de la population, définira les piliers de l’identité insulaire : un territoire façonné par la rareté, une autonomie forgée par l’éloignement et une culture de la discrétion. Pour diffuser ce socle intellectuel, un « Parcours d’Intégration Culturelle » sera proposé aux nouveaux habitants, saisonniers et chefs d’entreprise afin de favoriser leur acculturation.
Protéger le passé pour équilibrer l’avenir
Le rapport préconise également un renforcement de la protection du patrimoine vernaculaire (murs en pierre, citernes, constructions anciennes) à travers les documents d’urbanisme. Parallèlement, un « indicateur d’équilibre culturel » sera instauré pour mesurer la part de la création locale dans la programmation muséale. Actuellement estimée à seulement 8 % au musée du Wallhouse, cette part de production locale devra faire l’objet d’une réflexion politique pour renforcer l’ancrage artistique territorial.
Vers un luxe discret : la charte « Quiet Saint Barth »
L’une des mesures les plus innovantes est le lancement de la charte « Quiet Saint Barth ». Ce label promeut un modèle de « luxe discret » fondé sur la sobriété, le respect des usages locaux et l’insertion paysagère. L’idée est d’affirmer que le luxe sur l’île ne doit être ni ostentatoire ni standardisé, mais doit s’adapter à l’âme du territoire.
En structurant cette politique autour d’un nouveau Comité culturel consultatif, la Collectivité affirme sa volonté d’une gouvernance partagée. Ce plan d’action, qui s’étalera jusqu’en 2030, ambitionne de transformer Saint-Barthélemy en une destination qui reste ouverte sur le monde tout en demeurant profondément fidèle à ses racines et à sa culture de l’efficacité silencieuse.
