
Suite à la commande du Président de Région Ary Chalus sur l’évolution institutionnelle de la Guadeloupe, le Conseil Économique, Social et Environnemental Régional (CESER) a rendu ses conclusions. Ce rapport ne se contente pas d’analyser les textes, il propose une véritable feuille de route opérationnelle pour garantir la réussite de ce projet de territoire.
Remis le 25 mars 2026, le rapport du CESER élaboré avec le soutien des CÉSER de Martinique, de Guyane, de Corse notamment, analyse les quatre résolutions du Congrès de 2025. Si le projet est jugé « audacieux », l’assemblée consultative insiste sur le « facteur humain » et la « capabilité » de l’administration à absorber ces nouvelles compétences.
Sur la répartition des pouvoirs, le CESER alerte sur l’incompatibilité de la proposition actuelle avec l’article 73 de la Constitution. Il préconise plutôt une autonomie encadrée par loi organique, s’inspirant du modèle corse. Côté finances, l’aspiration à une autonomie fiscale est qualifiée de « chantier colossal » présentant des risques juridiques vis-à-vis du droit européen.
Enfin, la fusion-création de la collectivité unique présente des risques organisationnels majeurs, citant les précédents en Martinique. Le CESER recommande une transition progressive et sécurisée, plaçant le dialogue social et un projet économique clair au centre de la réussite.
Lors de l’Assemblée Générale de CESER de France, Christophe Wacher, le Président du CESER Guadeloupe a rappelé que trois territoires ultramarins ont déjà évolué : Saint‑Barthélemy (article 74) et Guyane / Martinique (assemblée unique, article 73) et que lors du référendum de 2003, 76 % des habitants s’étaient déclarés défavorables au projet institutionnel, tout en rappelant la dimension des enjeux :
- La mise en place d’une dotation globale de compensation annuelle, estimée entre 600 millions et 1,5 milliard.
- Une évolution vers une assemblée unique : 60 élus proposés (contre 42 au conseil régional et 46 au conseil départemental aujourd’hui).