
À l’heure du bilan à mi-parcours de son schéma régional de développement touristique et des loisirs (SRDTL) 2023-2028, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche des ambitions record pour ce secteur économique de premier plan pour son territoire. Si le budget régional a bondi à 31 millions d’euros en 2024, le Conseil Économique, Social et Environnemental Régional (CESER) multiplie les recommandations pour transformer l’essai. Emploi saisonnier, accessibilité universelle, transition climatique, … En convergence avec le schéma, le Conseil propose plusieurs pistes pour promouvoir un tourisme durable et innovant, basé sur une offre de qualité, diversifiée et mieux structurée, elle-même servie par des professions à l’attractivité renforcée.
Le tourisme n’est pas qu’une vitrine pour Provence-Alpes-Côte d’Azur : c’est un véritable moteur économique représentant 13% du PIB régional et porté par 25 000 entreprises. Pour soutenir cet écosystème unique en France, le budget touristique régional est passé de 12 millions d’euros en 2021 à 31 millions en 2024. Toutefois, au-delà des moyens financiers, le CESER souligne combien la poursuite sur le long terme du développement touristique dans la région dépend également d’actions opérationnelles concrètes.
L’humain au cœur de la stratégie : le défi des 10 000 saisonniers
L’estimation avancée par la Région est saisissante : environ 10 000 postes saisonniers resteraient non pourvus chaque saison en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pour relever ce défi de la pénurie de main-d’œuvre, le Conseil propose une série complète de mesures correspondant à plusieurs leviers :
- Le logement : tout en prenant acte, entre autres, de la mise à disposition de 1 000 chambres universitaires en partenariat avec les CROUS, il souligne l’importance de développer le logement saisonnier sur l’ensemble du territoire régional.
- Les conditions de travail et les « freins périphériques » à l’emploi des saisonniers : améliorer concrètement non seulement les conditions de travail mais aussi les conditions de mobilité et d’hébergement est jugé indispensable pour fidéliser les travailleurs saisonniers.
De manière plus générale, dans la perspective des JOP 2030, le CESER insiste sur l’enjeu majeur que représente la formation professionnelle, et donc sur la nécessité de calibrer le programme régional de formation (PRF) en conséquence.
Incertitude climatique et « dernier kilomètre »
Le CESER souligne combien l’incertitude climatique constitue une question majeure non seulement pour l’activité touristique mais aussi pour l’économie alpine dans son ensemble. À court terme, ce sujet devra naturellement être considéré avec vigilance dans la perspective des JOP 2030, et plus encore dans celle des années suivantes.
En matière de transports, l’enjeu majeur reste celui du « dernier kilomètre ». Le CESER rappelle que cet enjeu revêt une importance particulière à l’heure où la situation internationale fait flamber les prix du carburant, et concerne directement non seulement la clientèle potentielle à budget modeste, mais aussi la clientèle potentielle à autonomie réduite (seniors, personnes en situation de handicap).
Innovation et inclusion
L’année 2026 marque un tournant avec la création d’une opération d’intérêt régional (OIR) « Tourisme ». Le CESER souligne le bien-fondé de cette décision qui permettra de démultiplier le financement de projets actuels et à venir, contribuera à intégrer davantage encore l’industrie touristique au sein de l’économie régionale et symbolisera l’importance de cette activité dans la vie de la région.
Enfin, le CESER insiste sur l’enjeu du tourisme inclusif auquel fait allusion le bilan d’étape, en rappelant que sa commission « Tourisme » élabore actuellement un projet d’avis sur auto-saisine proposant des pistes pour renforcer l’inclusivité et l’accessibilité du tourisme en Provence-Alpes-Côte d’Azur et favoriser sa pratique chez certaines tranches de population (catégories modestes, seniors, personnes en situation de handicap), notamment dans le cadre intrarégional, ce qui pourrait permettre de conforter le développement d’un tourisme « quatre saisons » dans la région.
À mi-chemin de la période d’application du SRDTL 2023-2028, le CESER consacre ce schéma comme un instrument de premier ordre pour préparer l’avenir du tourisme en Provence-Alpes-Côte d’Azur, et continuera à suivre de près sa mise en œuvre dans les années à venir.