
Comment garantir la réussite des 154 000 étudiants ligériens ? Dans un rapport adopté en mars 2026, le CESER Pays de la Loire alerte sur la précarité croissante et le déterminisme social. Il propose 25 recommandations concrètes pour repenser l’accompagnement, du logement à l’orientation.
Pour le CESER, la réussite ne doit plus être réduite à un simple indicateur académique ; elle doit inclure l’épanouissement individuel, la qualité de vie et l’insertion citoyenne. Or, l’étude montre que le parcours d’un étudiant reste lourdement tributaire de son origine sociale et géographique.
L’urgence sociale au cœur des campus
Le constat est sans appel : la précarité entrave le savoir. Le logement représente désormais 47% du budget étudiant, créant de fortes tensions à Nantes et Angers. Plus alarmant encore, 20% des jeunes déclarent ne pas manger à leur faim. Face à cette situation, le CESER recommande de renforcer le partenariat avec le Crous pour viser un objectif de 10% d’étudiants logés et de mutualiser la restauration entre lycées et universités pour offrir des repas sains et abordables à tous, y compris aux étudiants en BTS. L’instance prône également la gratuité des transports régionaux pour les plus précaires afin de favoriser la mobilité.
Défendre le service public
L’étude pointe du doigt la situation financière critique des universités ligériennes, en état de « sous-dotation » chronique par rapport à la moyenne nationale. Le CESER appelle l’État à garantir des moyens adaptés aux missions de service public et suggère de réaliser un recensement précis des frais et de la qualité des formations privées pour mieux informer les familles.
Briser les plafonds de verre
Enfin, la réussite passe par une orientation choisie et non subie. Le CESER insiste sur la nécessité de déconstruire les stéréotypes de genre, les femmes restant moins présentes dans les filières scientifiques malgré de meilleurs résultats scolaires. Pour lutter contre l’autocensure, le rapport préconise de pérenniser les « Cordées de la réussite » et de multiplier les dispositifs d’immersion dès le lycée.
L’enjeu est de taille : transformer l’enseignement supérieur en un véritable levier d’émancipation, loin de la seule logique de marché.